Le 14 mars, nous avons eu l’occasion de faire une pause dans le présent et d’entrer dans un espace où l’avenir nous semblait un peu plus tangible. Cette opportunité s’est présentée lors d’une journée entière de laboratoire d’apprentissage du futur organisée par l’Institut de la Planète Educative et dirigée par le Laboratoire d’alphabétisation du futur de l’UNESCO et la Coalition UNESCO-MOST BRIDGES sur le thème de “l’apprentissage de la citoyenneté planétaire et de la gouvernance anticipative”
La session a réuni des étudiants de l’Arizona State University (ASU) et du LPI dans un environnement dynamique et pratique conçu pour remettre en question la façon dont nous pensons à l’avenir. Grâce à des discussions ouvertes, des exercices de collaboration et une réflexion collective, nous avons remis en question des hypothèses, partagé des points de vue et exploré de nouvelles façons d’aborder l’avenir, non seulement en tant qu’individus, mais aussi en tant que communauté mondiale connectée.
Qu’est-ce que le Futures Literacy Labs ?
Lamaîtrise de l’avenir consiste à comprendre comment nous pensons à l’avenir et comment cela influence les choix que nous faisons aujourd’hui. Elle aide les gens à prendre conscience de l’origine de leurs idées sur l’avenir et ouvre la voie à de nouvelles façons de penser et d’agir.
Dans les laboratoires d’analyse prospective, les participants apprennent par la pratique, en travaillant ensemble pour explorer différents avenirs et réfléchir à la manière dont ces idées peuvent influencer de meilleures décisions dans le présent. (Adapté de l’UNESCO, Futures Literacy)
Citoyenneté planétaire et gouvernance
La citoyenneté planétaire est l’idée que nous partageons les responsabilités non seulement au sein de nos nations, mais aussi dans le monde entier et entre les générations. Elle encourage la coopération mondiale pour protéger les ressources partagées, comme l’environnement, et reconnaît notre rôle dans la transmission d’une planète saine et d’un patrimoine culturel aux générations futures. (Adapté de Thompson, 2001, Governing for the Environment)
Cette vision a ouvert la voie au laboratoire d’apprentissage sur l’avenir, qui s’est appuyé sur la consultation des jeunes organisée au LPI en septembre, avant le sommet des Nations unies sur l’avenir. Au cours de la session, les participants ont été invités à se pencher sur certaines des questions les plus pressantes de notre époque :
- Comment pouvons-nous favoriser la collaboration entre les différentes parties prenantes pour la prise de décisions à l’échelle planétaire ?
- Comment apprendre à collaborer entre les personnes, les lieux, les technologies et les écosystèmes ?
- Que signifie prendre des décisions qui favorisent le bien-être de la planète ?
Ces questions ont servi de point d’ancrage aux réflexions de la journée et ont ouvert un espace pour imaginer ce à quoi la citoyenneté planétaire pourrait ressembler dans la pratique.
Sentir et dessiner l’avenir
Pour commencer la journée, les participants ont partagé leurs réflexions personnelles sur leur relation émotionnelle avec l’avenir. Les réponses allaient de la peur à l’excitation face à l’incertitude, en passant par l’espoir, la confiance que quelque chose de bon finira par émerger. Certains ont parlé d’un lien profond avec leur passé ancestral, reconnaissant la sagesse transmise de génération en génération. D’autres ont décrit un mélange d’incertitude et de joie à l’approche de transitions clés de la vie, comme l’obtention d’un diplôme, un nouveau départ et l’espoir de faire un travail utile.
Cet ancrage émotionnel a donné le ton à l’étape suivante : l’exploration de ce qui vient après. En utilisant une approche systémique, les participants ont travaillé ensemble pour identifier les tendances et les “futurs probables” à travers de multiples dimensions – socioculturelles, technologiques, économiques, environnementales, politiques et éthiques. Plutôt que d’accepter ces trajectoires comme fixes, le groupe les a utilisées comme point de départ pour imaginer les futurs souhaités et examiner comment nous pourrions commencer à les façonner – ensemble, avec conscience, intention et attention.
Les participants ont également examiné comment les modèles de gouvernance actuels se concentrent souvent davantage sur la personnalité des décideurs que sur une vision à long terme. Le laboratoire a introduit le concept de “gouvernance pour l’avenir”, uneapproche anticipative qui va au-delà de la réaction à la crise et qui intègre la réflexion sur l’avenir dans la politique et la planification.
Une rencontre fortuite : La rencontre avec le Dr Nsah Mala
L’un des moments les plus marquants de la journée a été la rencontre avec Nsah Mala, docteur en philosophie,poète bilingue primé, écrivain, éducateur et praticien de l’avenir. Son travail fait le lien entre la littérature, les sciences humaines de l’environnement et la gouvernance anticipative, avec un accent particulier sur la durabilité, la justice climatique et la responsabilité intergénérationnelle. Il préside actuellement la Commission autochtone du royaume de Mbessa pour les générations futures et la durabilité au Cameroun.
M. Mala est titulaire d’un doctorat de l’université d’Aarhus, où ses recherches primées ont porté sur la manière dont la littérature – poèmes, pièces de théâtre et romans – peut inspirer l’action environnementale et la résilience dans le bassin du Congo. Son travail nous rappelle avec force que la narration et les arts peuvent être à l’origine de changements significatifs.

Regarder vers l’avenir
Au cours des réflexions finales, les participants se sont vus rappeler comment ce laboratoire est lié à des processus mondiaux plus vastes. En particulier, les résultats de la session contribueront au rapport de suivi de la Commission des générations futures et s’aligneront sur les priorités du Pacte pour les générations futures lancé lors du Sommet de l’ONU pour l’avenir en septembre 2024. Ces liens offrent une voie concrète pour que les idées du laboratoire alimentent les efforts mondiaux en cours en matière de justice intergénérationnelle et de gouvernance anticipative.
Pour co-créer des avenirs significatifs, nous devons d’abord développer notre capacité à les imaginer. Le renforcement de notre vision à long terme favorise un sens plus profond de l’action et nous aide à faire des choix plus intentionnels aujourd’hui. Cela signifie que nous devons prendre conscience des hypothèses que nous véhiculons et être prêts à les dépasser. Ce n’est qu’à cette condition que nous pourrons véritablement commencer à façonner ensemble l’avenir dans lequel nous voulons vivre.




