Formes-16

[Communiqué de presse eLife] Un nouvel outil imite la peau humaine pour permettre une étude détaillée des piqûres de moustiques

  • Press
  • R&D

[22 septembre – Nouvelle recherche publiée dans eLife “BiteOscope, une plateforme ouverte pour étudier le comportement de piqûre des moustiques – par Felix JH Hol et al.”]

Des scientifiques ont mis au point un outil permettant d’étudier le comportement de piqûre des moustiques porteurs d’agents pathogènes communs, selon une nouvelle étude publiée aujourd’hui dans eLife.

Cet outil, qui utilise un repas sanguin artificiel et une surface imitant la peau humaine, permettra de comprendre en détail l’alimentation par le sang sans utiliser de sujets humains comme appâts. Il peut également se glisser dans un sac à dos, ce qui permet d’étudier les moustiques en laboratoire et dans des environnements naturels.

Le biteOscope est utilisé pour enregistrer un moustique qui se nourrit d’une imitation de peau humaine. Crédit photo : Felix Hol (CC BY 4.0)

La prise de sang est essentielle à la reproduction des moustiques, mais c’est au cours de la prise de sang sur des hôtes humains qu’ils transmettent des agents pathogènes tels que le paludisme.

“Si l’étape initiale de l’obtention d’un repas sanguin – le vol vers un hôte – est relativement bien caractérisée, les étapes qui se déroulent après l’atterrissage d’un moustique sur un hôte sont moins bien comprises”, explique le premier auteur, Felix Hol, chercheur à l’Institut Pasteur et au Centre de recherche et d’interdisciplinarité, à Paris, en France. “On manque d’outils pour mesurer le comportement de piqûre des moustiques, et ceux qui existent reposent sur l’utilisation d’hôtes humains, ce qui limite le nombre et le type d’expériences que l’on peut réaliser – on ne peut pas étudier les moustiques porteurs de pathogènes de cette manière

Ceci est important car on pense que des facteurs tels que l’infection peuvent affecter le comportement alimentaire d’un moustique, y compris le nombre de tentatives d’alimentation qu’il effectue et la taille du repas qu’il prend. À leur tour, ces aspects peuvent modifier la dynamique de transmission des agents pathogènes. Pour résoudre ce problème, Hol et ses collègues de l’université de Stanford (Californie, États-Unis), de l’Institut Pasteur et du CRI (Université de Paris/INSERM) (Paris, France) ont mis au point le biteOscope, un outil qui permet d’étudier à haute résolution la manière dont les moustiques explorent et sondent les surfaces de la peau de leur hôte avant de prendre un repas.

Il se compose d’un “substrat” de piqûre – une surface transparente à température contrôlée qui imite la température du corps pour attirer les moustiques. Un repas artificiel est appliqué sur cette surface et recouvert d’une membrane couramment utilisée que les moustiques peuvent percer. Le repas ressemble à du sang, ce qui permet aux moustiques de se gorger et de multiplier leur poids par deux ou trois. Ce substrat de piqûre est ensuite placé dans une cage transparente et une caméra externe enregistre le comportement des moustiques.

“Annotations ouvertes. L’équipe a testé biteOscope avec quatre espèces de moustiques importantes sur le plan médical et a construit un modèle informatique pour analyser les comportements à partir des images capturées des moustiques lorsqu’ils se posent sur la “peau”. “Nous avons constaté que le temps qu’un moustique passe à explorer la peau sans réussir à se nourrir est rarement plus long que la durée d’un repas réussi”, explique l’auteur Louis Lambrechts, directeur de recherche au département de virologie de l’Institut Pasteur. “Cela suggère que si le sang n’est pas trouvé dans un certain laps de temps, les moustiques abandonnent et passent à autre chose”

Les chercheurs ont ensuite montré comment l’outil peut suivre les parties du corps pour comprendre comment les moustiques “sentent” la surface qu’ils explorent. Lorsqu’ils ont enduit l’imitation de peau avec le répulsif pour insectes DEET, ils ont constaté que les moustiques avaient tendance à se poser et à décoller immédiatement, n’entrant en contact qu’avec leurs pattes, ce qui suggère que la répulsion est médiée par le contact avec les pattes.

“Nous avons utilisé le biteOscope pour décrire les schémas comportementaux de quatre espèces clés de moustiques, fournissant ainsi une base de connaissances utile pour de futures études sur le comportement d’alimentation sanguine”, conclut l’auteur Manu Prakash, professeur adjoint de bio-ingénierie à l’université de Stanford. “De manière plus générale, nous espérons que les outils présentés ici offriront une nouvelle perspective sur les comportements des moustiques qui sont pertinents pour la transmission de pathogènes et permettront aux chercheurs d’acquérir une compréhension détaillée de l’alimentation par le sang sans avoir à sacrifier leur propre peau”

[Crédit photo : Felix Hol (CC BY 4.0)]

Contacts presse

Emily Packer
eLife
e.packer@elifesciences.org
+441223855373

À propos d’eLife

eLife est une organisation à but non lucratif créée par des bailleurs de fonds et dirigée par des chercheurs. Notre mission est d’accélérer la découverte en exploitant une plateforme de communication sur la recherche qui encourage et reconnaît les comportements les plus responsables. Nous travaillons dans trois domaines principaux : l’édition, la technologie et la culture de la recherche. Nous visons à publier des travaux de la plus haute qualité et importance dans tous les domaines de la biologie et de la médecine, y compris l’écologie et les neurosciences, tout en explorant de nouvelles façons créatives d’améliorer la manière dont la recherche est évaluée et publiée. Nous investissons également dans l’innovation technologique à code source ouvert afin de moderniser l’infrastructure de la publication scientifique et d’améliorer les outils en ligne permettant de partager, d’utiliser et d’interagir avec les nouveaux résultats. eLife bénéficie du soutien financier et de l’orientation stratégique du Howard Hughes Medical Institute, de la Fondation Knut et Alice Wallenberg, de la Société Max Planck et de Wellcome. Pour en savoir plus, consultez le site https://elifesciences.org/about.

Formes-10

Nos dernières actualités

S'inscrire à la newsletter

Chaque trimestre, nous vous donnons rendez-vous pour découvrir nos dernières actualités et la diversité des personnes et projets qui font la richesse du Learning Planet Institute !