Bien-être et santé pendant le doctorat : l’école doctorale FIRE propose une nouvelle série d’interventions
Pour la première fois l’année dernière, l’école doctorale FIRE a organisé un atelier consacré au “bien-être et à la santé pendant le doctorat”, couvrant deux aspects essentiels de la vie d’un jeune chercheur qui ne sont souvent pas suffisamment discutés au sein du monde académique [1]. Voici un aperçu de ce qui s’est passé et des principales évolutions du programme de cette année.
L’atelier initial de deux jours a été construit sur plusieurs interventions, suivies par le même groupe d’une douzaine de doctorants à différents stades de leur thèse. Afin de permettre à un plus grand nombre de participants d’assister et de cibler ce qui est le plus pertinent pour eux, nos diverses interventions peuvent désormais être suivies indépendamment les unes des autres.
Les discussions libres, l’écoute bienveillante et la bienveillance mutuelle entre les participants restent les clés d’une interaction fructueuse.
Du syndrome de l’imposteur à la communication, une grande variété de sujets abordés
Parmi les moments les plus marquants, Colin Lemée succédera à Jeanne Boisselier, au nom de l’association Doctopus, pour aborder en profondeur le syndrome de l’imposteur avec les participants. Cette perception de soi, d’être moins compétent que ce que les autres pensent de soi, de se sentir comme un imposteur malgré des preuves objectives de réussite, est largement répandue chez les doctorants. En prendre conscience, pour soi et pour les autres, est donc la première étape indispensable pour le surmonter.
La thèse est une période stimulante qui peut s’accompagner d’une grande variété d’activités en dehors de la recherche, notamment l’enseignement, l’encadrement d’étudiants, la révision d’articles par des pairs, etc. Pour éviter de se sentir dépassé, il est parfois nécessaire de refuser quelques sollicitations supplémentaires. Pour éviter de se sentir débordé, il est parfois nécessaire de refuser certaines sollicitations supplémentaires. Un accent plus détaillé sera mis sur l’identification des besoins et des limites de chacun, y compris des jeux de rôle pour s’entraîner à dire “non” aux opportunités qui dépassent les limites.
Comme l’a déclaré un ancien participant, le fait de voir “comment des personnes que j’admire ont fait face aux mêmes défis que moi a été très encourageant”. Wendy Ingram, de l’ONG internationale DragonFly Mental Health, l’a clairement démontré au moyen d’une vidéo percutante dans laquelle des scientifiques accomplis expriment les doutes et même les problèmes de santé mentale contre lesquels ils ont dû lutter. Briser la stigmatisation était l’un des messages les plus importants à retenir et nous continuons à mettre l’accent sur ce point. L’intervention de Wendy se concentre également sur l’écoute active en tant qu’introduction aux discussions difficiles.

Cette partie de la communication, qui est cruciale pour maintenir des relations interpersonnelles de qualité (avec un directeur de thèse, un collaborateur, un collègue de laboratoire…) a également été abordée par Pascale Haag cet automne. Pascal est titulaire d’un doctorat en psychologie ; sa thèse portait précisément sur l’étude du parcours doctoral, sous l’angle du stress, de la santé et des relations d’encadrement. Elle a donné des exemples concrets de communication assertive, une manière d’exprimer son point de vue ou son idée de manière compréhensible et directe, tout en respectant son interlocuteur.
Au cours de son atelier de trois jours et demi, elle a également abordé le domaine de la psychologie positive, présentant à la fois des cadres théoriques et des outils et techniques pratiques pour renforcer la résilience et les compétences socio-émotionnelles.
Des sujets qui dépassent les préoccupations des doctorants
Au cours de ces ateliers, nous discutons également des aspects de la vie de chercheur qui ne sont pas seulement pertinents pour les doctorants, mais pour les personnes travaillant dans le milieu universitaire en général. Même si notre formation doctorale est déjà ouverte à un public plus large, nous profitons également de cette occasion pour créer de nouveaux ateliers qui s’adressent directement à un plus grand public. C’est le cas du thème “Abus de pouvoir dans le monde universitaire – que pouvons-nous faire ?”, proposé à nouveau par DragonFly Mental Health ce printemps. Avec les étudiants qui ont lancé le club Wellness de l’Institut Learning Planet, nous travaillons actuellement à la mise en place de cette intervention et de cette discussion pour la communauté de l’Institut : tous les étudiants et chercheurs sont les bienvenus.
Le travail de doctorat, et par extension de recherche, est une expérience scientifique et humaine passionnante, stimulante et enrichissante, qui peut aussi parfois devenir un défi émotionnel. Nous sommes convaincus qu’il fait partie de notre rôle de soutenir les doctorants du mieux que nous pouvons, pour qu’ils aient un parcours positif tout au long de leur thèse. Ce faisant, nous visons à améliorer la qualité de vie professionnelle au sein du monde universitaire ainsi que pour les communautés plus larges.
Article : Camille Gaulon, Coordinatrice scientifique et pédagogique du programme doctoral FIRE
Crédits photo: Learning Planet Institute_DiscoveryDays2021_©QuentinChevrier
le programme de doctorat FIRE n’a pas été mis en place [1] malgré des chiffres très inquiétants : environ un tiers des doctorants présentent des symptômes associés à l’anxiété et à la dépression. Source : Nature 575, 403-406 Nature 575, 403-406 (2019)
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